Pour contribuer à éradiquer la pratique, l’UE mettra prochainement en ligne une plate-forme d’informations destinées aux professionnels (personnel médical, magistrats, fonctionnaires des services d’asile, enseignants officiers de police) toute personne susceptible d’entrer en contact avec les victimes. Une enveloppe de 4,5 millions d’euros soutiendra divers projets en Europe. Certains contribueront à des actions de prévention et de protection (Ouganda, Sierra Leone, Egypte, Mauritanie, Djibouti, Sénégal, Benin, Togo, Yemen).

C’est le 10 février au Parlement européens que les eurodéputés ont marqué la fin d’une étape plaçant la Commission devant ses responsabilités : mettre rapidement en œuvre le plan d’action de référence de 2013. Lors du débat en plénière, Iratxe Garcia Perez (S&D espagnole) a interrogé la commissaire responsable de l’Egalité des Femmes, Vera Jourova sur les actions en cours et à venir pour lutter contre ce fléau, cette pratique barbare. Trois millions de femmes dont 500 000 en Europe n seraient victimes, d’autres chiffres sont avancés.

Assez unanimement les députés ont déploré que le plan d’action de 2013 ne soit pas accompagné d’un calendrier, d’objectifs quantifiés permettant d’évaluer les résultats et de programmer d’autres actions futures.

Vera Jourova a énuméré certaines actions entreprises au cours de ces derniers mois ( conférences ou ateliers sur le sujet, formation du Service européen pour l’action extérieure ). Mais la Commission a dû confesser son impuissance et une efficacité réduite en raison du manque de données, les plus récentes datant de 2007. La commissaire a admis qu’il était difficile de lutter contre ce fléau sans statistiques fiables que par ailleurs il faut bien admettre qu’elles sont par définition difficiles à recueillir pour ce type de données. « Le plan d’action ne sera pas efficace sans données fiables » a-t-elle souligné. La Commission européenne collabore actuellement avec l’Institut européen pour l’égalité des genres en vue de développer une méthodologie commune et des indicateurs pour déterminer les risques de mutilations génitales féminines dans les Etats membres : »cela nous dira quelles sont les raisons derrière cette pratique toujours en vigueur ou abandonnées parmi la population immigrée dans l’UE. Cela nous aidera à développer une stratégie efficace pour mettre fin à ce fléau » a conclu Vera Jourova. Signalons que l’Institut national d’études démographiques français (INED) a fait réaliser des enquêtes qui apportent un lot d’informations et d’enseignements non négligeables (cf. «  Pour en savoir plus). Des enquêtes statistiques restent donc possible, il faut s’en donner les moyens c’est ce que tente la Commission.

Plus grave à certains égards, la commissaire a regretté que les Etats membres n’utilisent que trop peu souvent leurs lois les autorisant à entamer des poursuites en cas de mutilations génitales féminines. En effet à ce jour, seulement 41 procédures pénales ont été engagées dans 11 Etats membres.

Pour en savoir plus :

     -. Les mutilations sexuelles en France http://www.ined.fr/fr/tout-savoir-population/memos-demo/analyses/mutilations-sexuelles-france/

      -. Dossier de Nea say sur les mutilations sexuelles féminines http://www.eu-logos.org/eu-logos_nea-say.php?idr=4&idnl=3429&nea=154&lang=fra&arch=0&term=0