Une résolution du Parlement plaide pour des politiques de discrimination positive en faveur des femmes âgées. Les députés demandent également aux Etats membres d’inventer de nouveaux modèles de congé payé pour dispenser des soins dans un autre cadre que le congé parental.

Selon les statistiques, les femmes vivent plus longtemps que les hommes ( encore que l’écart semble se réduire)et ont plus de chance de finir leur vie dans la pauvreté. A cet égard, il convient de rappeler que la Charte des droits fondamentaux  et son article 21 interdisent toute une série de discriminations dont celle fondée sur l’âge et l’article 25 dispose quant à lui que « l’Union reconnaît et respecte le droit des personnes âgées à mener une vie digne et indépendante et à participer à la vie sociale et culturelle ». De nouvelles politiques de soutien aux « aidants informels », dont la majorité sont des femmes, doivent être développées, notamment en matière de droits à la sécurité sociale, souligne la résolution du Parlement, rédigée par Sirpa Pietkäinen (PPE, FI) et adoptée par 562 voix pour, 78 contre et 29 abstentions.

Les personnes doivent décider si elles choisissent d’aider elles-mêmes des membres de la famille plus âgés ou si elles font appel à des services sociaux complémentaires, sachant que dans les deux cas, l’aide devra être rétribuée de la même manière, souligne la résolution.

Par ailleurs, les députés demandent aux États membres de mettre en place des mécanismes qui garantissent aux femmes qui aident un membre âgé de leur famille l’acquisition de droits à pension suffisants, même durant les périodes où le niveau de revenu de l’aidant baisse en raison des soins dispensés.

Accès aux services de base : « Chacun au sein de l’Union doit avoir le droit de bénéficier de services sociaux et de services de santé d’intérêt général adéquats, abordables et de qualité, conformes à ses besoins et préférences spécifiques », indiquent les députés qui demandent à la Commission de présenter « une directive sur les services de base ». « Les femmes d’un certain âge sont particulièrement vulnérables et devrait avoir le droit de percevoir un revenu minimal », insistent les députés. Ils demandent également que la directive sur la lutte contre les discriminations soit adoptée dans les plus brefs délais.

Un Plan d’action : dans sa résolution, le Parlement demande à la Commission de proposer, d’ici à la fin 2011, un plan d’action articulé autour des éléments suivants:

      -. des  mesures garantissant la qualité des soins et la qualité des conditions de travail des aides de vie ;

      -. des réformes visant à améliorer la cohérence des actions en matière de sécurité sociale, notamment en ce qui concerne les régimes de pension, les congés de soutien familial et les modèles de travail à temps partiel ;

       -. des mesures visant à promouvoir la solidarité entre les générations, telles que les programmes destinés à aider les femmes qui s’occupent de leurs petits-enfants pendant que les parents sont absents pour des raisons professionnelles.

      -.  des fonds européens pour des projets destinés aux femmes eules, âgées et socialement défavorisées

 Cette résolution est basée sur quatre constats :

      1-. Outre un traitement médical approprié, le secret d’une vie en bonne santé, c’est aussi un régime alimentaire adapté. Or les recommandations générales ne répondent pas aux besoins des personnes d’un certain âge.

      2-.  La pauvreté est la conséquence de pension faible, elle-même la conséquence de salaire globalement inférieur. Elle est aussi la conséquence de la « fonction de soin » qu’elles assurent vis-à-vis des générations plus jeunes (les petits enfants) et plus âgées (les parents). Ce qui les éloigne de toute activité professionnelle et en premier lieu des activités à temps partiel. Les revenus perçus des activités à temps partiel ne doivent pas affecter le niveau des pensions.

      3-. Elles deviennent très dépendantes des conditions d’accès aux services publics et privés et des soins, soit pour elles mêmes, soit pour les personnes dont elles ont la charge. Elles devraient bénéficier d’une information et d’une formation appropriée. Notamment en matière de nouvelles technologies.

      4-. En vieillissant elles sont souvent victimes de maladies invalidantes qui les caractérisent plus particulièrement : Alzheimer, cancer du sein et colorectal qui ne sont pas encore suffisamment prises en considération. Les maladies cardiovasculaires et les attaques cardiaques  ne sont que rarement diagnostiquées car les symptômes sont différents des hommes  et sont les principales cause de mortalité féminine.

Texte de la résolution (FR) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2010-0306+0+DOC+XML+V0//FR&language=FR

 (EN) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+TA+P7-TA-2010-0306+0+DOC+XML+V0//EN