Le Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, António Guterres, a appelé  les 27 pays de l’Union européenne (UE) à donner l’exemple dans le domaine de la protection des réfugiés.Les pays de l’UE doivent faire davantage pour aligner leurs systèmes d’asile, a-t-il souligné mercredi 28 avril, au cours d’un débat avec des membres du Parlement européen.

Au sein de l’UE, où les frontières intérieures ont majoritairement disparu, les personnes recherchant la protection doivent pouvoir la trouver dans le pays où elles soumettent leur demande pour l’obtention du statut de réfugié.

Le Haut commissaire a également invité l’UE à promouvoir une réponse internationale plus forte et plus solidaire à de nouvelles formes de déplacement forcé, y compris des mouvements de population causés par le changement climatique et les catastrophes naturelles. Le nombre des réfugiés et des personnes déplacées dans le monde est resté relativement stable ces dernières années, tout comme le nombre de demandeurs d’asile dans le monde industrialisé.

« Les crises ne sont pas résolues ou alors, si elles le sont, les pays affectés retombent vite dans l’instabilité voire une guerre ouverte », a-t-il indiqué. En conséquence, le nombre de réfugiés que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) a pu aider à rentrer chez eux en 2009 est tombé à moins de 400.000 – soit moins de la moitié du chiffre observé l’année précédente. António Guterres a identifié le rétrécissement de l’espace humanitaire comme un problème majeur, soulignant la difficulté croissante de la prestation d’aide aux réfugiés et aux personnes déplacées de force dans les pays en crise. « Dans de nombreuses régions du monde, nous voyons de plus en plus les menaces portées sur la sécurité des travailleurs humanitaires, y compris la nôtre », a-t-il ajouté.

Il a également attiré l’attention sur les nombreuses causes interdépendantes d’un déplacement forcé. « Le changement climatique est un facteur d’accélération pour les déplacements et l’instabilité », a-t-il affirmé, « toutefois la pénurie d’eau, la sécurité alimentaire, la croissance démographique et l’urbanisation sont toutes des facteurs de déclenchement d’un conflit ».

Concernant l’Europe, le Haut commissaire a déploré le fait qu’à l’heure actuelle, un grand nombre de personnes nécessitant une protection internationale n’ont d’autre choix que d’entrer dans l’Union européenne par des moyens irréguliers et, ce faisant, risquent d’être victimes du trafic et de la traite d’êtres humains. Le taux de rejet des demandes d’asile déposées par des personnes d’une même nationalité peut varier de 95% dans un pays à près de zéro dans un autre, selon le lieu où la demande d’asile est effectuée. « C’est une situation dysfonctionnelle, favorisant les mouvements irréguliers des personnes au sein de l’Union européenne », a-t-il dit. Selon lui, la situation dans l’Union européenne est contradictoire. Bien qu’il soit largement reconnu que les défis en termes de systèmes d’asile ne peuvent être résolus exclusivement au niveau national et que les États membres se sont engagés à développer un Système d’asile européen commun, la souveraineté nationale prend encore souvent le dessus. Il a appuyé les modifications proposées par la Commission européenne concernant cinq législations clés de l’UE en matière de système d’asile, en qualifiant les propositions « d’étape importante vers un véritable Système d’asile européen commun ».