La Commission de la politique de sécurité du Conseil national (chambre basse de l’Assemblée) s’est déclarée mardi 12 janvier contre l’accueil en Suisse d’anciens détenus de Guantanamo appartenant à l’ethnie ouïgoure, persécutée en Chine, mais elle assure que l’intervention de Pékin n’a pas été déterminante dans son avis. Leur accueil est du ressort du Conseil fédéral (gouvernement), qui a décidé le mois dernier d’accepter d’accueillir un Ouzbek dans le canton de Genève. Il était par ailleurs question de deux Ouïgours (musulmans chinois) qui, selon le groupe de travail interministériel, ne posent pas davantage problème en ce qui concerne la sécurité, leur capacité d’intégration ou leur état de santé. Le Jura et un autre canton ont proposé de les accueillir.


Mais la Commission de la politique de sécurité du Conseil national, par 15 voix contre 10, demande au gouvernement de ne pas accepter d’autres ex-Guantanamo, car cela comporte trop de risques, a annoncé son président, Jakob Büchler. Concrètement, la recommandation concerne les deux Ouïgours. Les relations avec la Chine, qui est intervenue pour empêcher l’accueil des deux Ouïgours, ont été évoquées par la Commission mais ce point n’a pas été décisif, a assuré M. Büchler. Le Département fédéral de justice et police (DFJP, ministère) a pris connaissance de la recommandation, et elle sera prise en compte parmi d’autres éléments, a déclaré à l’Associated Press son porte-parole Guido Balmer.

Le Groupe parlementaire pour les droits de l’Homme, de son côté, est intervenu auprès de la ministre de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf en faveur de l’accueil des deux Ouïgours, des frères. Selon lui, les autorités chinoises ont démarré une campagne de diffamation à leur encontre, les présentant comme des terroristes qui figureraient sur une liste de suspects de l’ONU.

Un incident de parcours qui ne va pas dans le contexte actuel favoriser une fermeture rapide de Guantanamo.