Un ancien détenu relâché de Guantanamo sur cinq serait retourné au combat, d’après un rapport classé du Pentagone qui risque d’alimenter la polémique déjà vive aux Etats-Unis sur le projet de fermeture du centre de détention défendu par le président Barack Obama.  Des militants de la défense des droits de l’Homme qui prônent la fermeture de la prison sur la base américaine à Cuba ont toutefois déjà mis en doute la validité de telles statistiques et assurent que le nombre de combattants présumés ou confirmés retournés au combat est vraisemblablement bien moindre. Les détracteurs de ces rapports du Pentagone arguent que ces évaluations contiennent si peu d’informations qu’il est presque impossible de les vérifier de source indépendante.


L’an dernier, le Département américain de la Défense affirmait que 11% des anciens détenus de Guantanamo avaient repris des activités militantes extrémistes. En avril, le taux de « récidive » aurait atteint 14%, selon le Département de la Défense. Le dernier chiffre serait de 20%, selon un responsable américain qui a requis l’anonymat, le rapport étant classé.

Selon un haut responsable de l’administration, la Maison Blanche n’a pas reçu d’informations suggérant que des détenus transférés sous l’administration Obama soient retournés au combat. Le président a assuré qu’il comptait toujours tenir sa promesse de fermer Guantanamo. Guantanamo « a mis en danger notre sécurité nationale en devenant un formidable outil de recrutement pour Al-Qaïda », ce sont les mots que Janet Napolitano, secrétaire d’Etat aux Affaires intérieure, avait utilisés lorsque elle s’est adressée aux députés européens de la commission Libe fin 2009. (cf. NEA SAY…)

Le président américain Barack Obama a laissé entendre jeudi qu’il ne procéderait à aucun limogeage après l’attentat manqué du 25 décembre contre le vol Amsterdam-Detroit de la Northwest Airlines, observant que les failles en matière de sécurité n’étaient pas dues à un individu ou une institution en particulier, mais qu’il conviendrait de résoudre le problème de façon globale mais il annonce une série de modifications pour améliorer le traitement des renseignements, soulignant qu’il était in fine responsable de la sécurité des Etats-Unis. Au lieu de demander aux responsables de la sécurité de changer leurs méthodes, il les enjoint de faire mieux, et plus vite, en leur laissant l’initiative sur la façon d’y arriver.

Il a de nouveau déclaré que le gouvernement disposait des informations pour prévenir l’attentat manqué mais n’était pas parvenu à « relier et comprendre » les renseignements déjà rassemblés. Pour éviter que cela ne se reproduise, le président américain a annoncé une dizaine de modifications, dont une diffusion plus large et plus rapide des rapports des renseignements, une analyse plus acérée de ces informations, des partenariats internationaux et de nouvelles règles de surveillance face aux menaces terroristes potentielles notamment dans les aéroports. Le président avait promis plus de sécurité, mais ses solutions annoncent plutôt une redistribution des cartes entre les agences. Et les Américains risquent d’être surpris d’apprendre que le gouvernement n’avait pas encore pris les mesures qui viennent d’être présentées. Il a proposé par exemple que les responsables du renseignement désignent clairement des personnes en charge de tel ou tel dossier correspondant à une menace prioritaire. Le président a reconnu la difficulté d’améliorer le renseignement et la sécurité quand les réseaux terroristes inventent sans cesse de nouvelles techniques plus vite que les Etats-Unis ne parviennent à concevoir des parades à ces nouvelles menaces. « Il n’y a naturellement aucune solution totalement infaillible » a concédé le chef de l’Etat, souhaitant toutefois « rester en avance sur un adversaire habile ».

L’intervention de Barack Obama à la suite de l’attentat manqué a été repoussée à deux reprises, de deux heures puis d’une heure et demie, alors qu’un rapport sur l’attentat manqué devait être déclassifié. Le document a été rendu public aussitôt après son discours. « Quand le système a des défaillances, c’est ma responsabilité » a confirmé le chef de la Maison Blanche. La Maison Blanche veut embrayer en résolvant les questions pendantes et avancer sur ce sujet, qui risque d’être politiquement dommageable lors des élections au Congrès cette année, et le détourne de son programme initial. Les républicains ont coutume de critiquer les responsables démocrates sur les questions sécuritaires, les accusant couramment de faiblesse, ce qui se ressent sur le plan électoral. Barack Obama a donc relevé d’un cran son discours, parlant désormais comme son prédécesseur George W. Bush de « guerre » au terrorisme. « Nous sommes en guerre, nous faisons la guerre à Al-Qaïda, et nous ferons tout ce qu’il faudra pour les battre » a affirmé le chef des armées.

Le nouveau rapport de la Maison Blanche souligne que le gouvernement américain avait quantité d’informations à sa disposition afin d’empêcher le suspect, un Nigérian âgé de 23 ans, d’embarquer à bord d’un avion à destination des Etats-Unis.A la différence de la situation qui avait précédé les attentats du 11 septembre 2001, les responsables des renseignements ont partagé les informations. Mais dans ce cas précis, ils ne savaient pas ce qu’ils avaient en leur possession. Des erreurs humaines telles que des fautes d’orthographe combinées à des défaillances du système a abouti à un échec complet en matière de sécurité. Des informations sur le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab ont été diffusées via plusieurs bases de données et les responsables ne les ont pas toutes examinées minutieusement. En outre, les autorités se sont davantage concentrées sur le soutien aux efforts déployés dans la lutte contre le terrorisme à l’intérieur du Yémen que sur la recherche de renseignements sur des attaques prenant leur source au Yémen. Le rapport épingle à la fois la CIA et le Centre national de contre-terrorisme.