Le Parlement européen consacrera ses deux prochaines session d’octobre à ce problème de la liberté d’expression.

« Le droit de savoir du public inclut inévitablement le droit des médias à poser des questions. » Adressée à Silvio Berlusconi, le chef du gouvernement italien, la remarque est signée du représentant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la liberté des médias. Dans un courrier adressé à M. Berlusconi, dimanche 20 septembre, Miklos Haraszti lui demande de retirer ses plaintes contre La Repubblica et L’Unità, deux journaux que le premier ministre italien accuse de diffamation.

M. Haraszti s’inquiète notamment du montant – trois millions d’euros – réclamé par le chef du gouvernement, par ailleurs considéré comme la première fortune d’Italie, aux deux journaux de gauche.La plainte contre La Republicca vise les questions publiées chaque jour depuis plusieurs mois par le journal à propos des scandales concernant la vie privée du chef du gouvernement italien. « Le questionnement permanent, même partisan, est un instrument de la fonction corrective des médias », insiste le représentant de l’OSCE dans un communiqué. Il souligne aussi que les dirigeants politiques doivent accepter un plus haut niveau de critique que le citoyen ordinaire en raison des fonctions qu’ils occupent, reprenant là la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme.

La conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen a inscrit à l’ordre du jour de la première session d’octobre, à Bruxelles, une déclaration de la Commission européenne sur la liberté de l’information en Italie. Ce débat sera suivi du vote d’une résolution lors de la deuxième session d’octobre à Strasbourg.