Mieux connaître vos droits en Europe

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Archive pour la catégorie ‘Uncategorized’

Bilan provisoire concernant la décision du Conseil constitutionnel sur la garde à vue (complément au billet précédent)

Publié par info@eu-logos.org le 01/08/2010

C’est une Cour européenne, la Cour européenne des droits de l’homme, qui a montré la voie. De son côté, le Conseil constitutionnel voit renforcé son rôle  de « cour suprême » des droits et des libertés ». Il  n’a pas réexaminé les dispositions exceptionnelles s’appliquant aux affaires de terrorisme, trafic de stupéfiants et criminalité organisée, qu’il avait déjà jugées conformes en 2004.

Le temps presse estime le C Lire la suite »

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Histoire de l’arroseur arrosé : selon les conclusions de l’avocat général de le Cour de Justice européenne, le Royaume-Uni ne peut pas prétendre participer à la prise de décision concernant l’accès au système d’information sur les visas « VIS » de la zone Schengen puisqu’il n’en fait pas partie !

Publié par info@eu-logos.org le 28/06/2010

L’avocat général a rendu le 25 juin ses conclusions dans l’affaire C-482 :08. Il indique que le recours du Royaume-Uni contre la décision du Conseil JAI (décision 2008/633/JAI du Conseil) n’est pas fondé qui lui refusait la participation à la procédure d’adoption de la décision relative à l’accès au système d’information sur les visas de la zone Schengen (système VIS). Selon l’avocat général, si la décision attaquée relève bien de la coopération Schengen et si sa base juridique est constituée des normes de l’UE sur la coopération policière, elle est « un acte relatif à la gestion du système VIS, elle est adoptée par les pays VIS » dont le Royaume-Uni ne fait pas partie. Dans la décision attaquée, le Conseil indiquait qu’elle constituait « un développement des dispositions de l’acquis de Schengen auxquelles le Royaume-Uni ne participe pas (…) Par conséquent, le Royaume-Uni ne participe pas à l’adoption ce cet acte et n’est pas lié par celui-ci, ni soumis à son application ». Lire la suite »

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Accord TFTP/SWIFT : il est signé( 28 juin) ! le Parlement européen donnera son accord le 7 juillet. Texte de l’accord.

Publié par info@eu-logos.org le 28/06/2010

 

Le nouvel accord entre l’UE et les Etats-Unis sur le transfert des données bancaires est en passe d’être adopté et pourrait entrer en vigueur le 1er août prochain. La Commission s’engage à présenter au plus tard un an après l’entrée en vigueur de l’accord une proposition de mise en place d’un cadre légal et technique pour un système européen équivalent au TFTP (Terrorist Financing Tracking System) pour lequel les Etats-Unis ont offert leurs bons offices techniques ;. La Commission présentera aussi un rapport sur la mise en œuvre de l’accord 3 ans après son entrée en vigueur et, si 5 ans après, un système équivalent de l’UE n’a pas été créé, la reconduction de l’accord sur le programme de surveillance du financement du terrorisme pourra être remis en question. Ce système de TFT européen sera techniquement difficile à mettre au point n’a pas caché la présidence espagnole

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Affaire SWIFT/TFTP (lutte contre le financement du terrorisme) vers une fin conclusive, mais sans illusion. Députés et le contrôleur européen des données, insatisfaits

Publié par info@eu-logos.org le 28/06/2010

Qu’il s’agisse des députés européens  de la commission des libertés publiques ou du contrôleur européen des données  personnelles, qu’il  s’agisse de lassitude ou de résignation chacun admet qu’il faut en finir mais sans être totalement convaincus  de la pertinence de la démarche. Le Parlement européen donnera son feu vert à la prochaine session de juillet, la commission Libe se réunira à Strasbourg le 5 juillet et elle s’efforcera de faire passer un message dans sa résolution. Un feu vert sera donné selon toute probabilité en vue de l’accord avec les Etats-Unis. Reste posée : qui sont les terroristes ? Dans sa dernière résolution le Parlement européen avait souligné la nécessité de définir le terrorisme. Sa demande n’a pas été retenue, ouvrant ainsi la possibilité à des dérives de toute nature, comme par le passé. Qui sont les terroristes ? au vu du rapport des Nations Unies sur la criminalité internationale (présenté dans l’actuel  numéro de Nea Say), il serait légitime de chercher une réponse aussi ailleurs que dans l’extrémisme  d’origine islamique. La corruption, la criminalité en col blanc, les pratiques des banques et des traders ont plus réellement et durablement  déstabilisé nos sociétés que ne l’a fait ou pourra le faire al-Qaïda. Des avancées, certes, mais on reste littéralement stupéfait par les faiblesses insignes du précédent accord et par la durée du fonctionnement du système Swift  en l’absence de tout accord, un fonctionnement longtemps secret, un secret qui n’a été rompu que grâce aux révélations de la presse américaine. Lire la suite »

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Editorial du numéro 89 de Nea Say

Publié par info@eu-logos.org le 27/06/2010

La fin de l’Union européenne ? question périmée (1) bien évidement. L’Europe à la recherche de l’esprit visionnaire de ses origines.

Après un sursaut incontestable au cours de ces dernières semaines, il lui faut encore faire un effort en efficacité et crédibilité. La fin de l’Union européenne une question simplement périmée, mais la question a son utilité car la construction de l’Europe  n’est pas une fatalité heureuse acquise pour toujours. Ici dans un éditorial d’il y a plusieurs mois la question avait été posée et si l’Europe n’existait pas ! L’évoquer est un aiguillon intellectuel qui a son mérite, momentanément , mais pas plus. Ce serait  une perversion morbide que de caresser complaisamment cette hypothèse. A-t-on vu d’autres ensembles d’Etats souverains parvenir à de  tels résultats et  si rapidement, adopter en un week end un mécanisme de garantie face aux risques des dettes souveraines excessives? Pour autant cela ne suffit pas, la solidarité intra européenne a été soumise à rude épreuve,  mais les périls les plus sérieux ont été éloignés, les peurs surpassées. Lire la suite »

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Une aide précieuse aux démocraties menacées : Reporters sans frontières propose un kit pour surfer anonymement sur le Web

Publié par info@eu-logos.org le 26/06/2010

Depuis quelques années, des associations de défense des droits de l’homme et des gouvernements occidentaux aident les dissidents politiques et les journalistes indépendants vivant dans des pays dictatoriaux à utiliser Internet sans se faire repérer par la police de leur pays, grâce à des solutions techniques plus ou moins efficaces.A son tour, Reporters sans frontières (RSF) a mis en place un système baptisé “abri anti-censure” permettant d’envoyer des messages et de consulter des sites Web de façon anonyme et sécurisée. Pour cela, RSF a passé un accord avec Xerobank, société de sécurité informatique multinationale dont le siège social est au Panama. Celle-ci fournit des connexions sécurisées aux banques, aux entreprises, aux ONG et aux missions diplomatiques.

Xerobank offre une double protection. D’une part, les données envoyées par l’utilisateur sont cryptées ; d’autre part, avant d’atteindre leur destination, elles transitent de façon aléatoire par plusieurs routeurs installés aux Etats-Unis, au Canada et aux Pays-Bas, ce qui brouille les pistes. Xerobank va aussi renforcer son dispositif en se dotant de routeurs supplémentaires dans plusieurs pays européens, dont la France. Quand un dissident ou un journaliste étranger séjournera à Paris, RSF pourra mettre à sa disposition une salle de travail comportant trois ordinateurs sécurisés. Puis, quand il rentrera dans son pays, il emportera une clé USB contenant un kit de connexion sécurisée et un logiciel spécial de navigation, qui ne laisse aucune trace chez les sites visités. De retour chez lui, il lui suffira de brancher la clé sur n’importe quel ordinateur pour se connecter au réseau Xerobank. Pour ceux qui ne voyagent pas, RSF peut envoyer discrètement des codes d’accès. La connexion sécurisée se fait via le site Web de Xerobank. Le système peut être installé sur un smartphone. Xerobank et RSF vont aussi pratiquer le « refugee hosting » (hébergement refuge). Il permet d’aider les blogueurs et journalistes sous surveillance à créer des sites échappant à la censure.

L’abri anti-censure inauguré le 25 juin dans les locaux de « Reporters sans frontières » http://fr.rsf.org/reporters-sans-frontieres-lance-le-25-06-2010,37804.html

 

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Les Etats-Unis persistent et signent : ils vont introduire cet été une taxe d’entrée pour les visiteurs

Publié par info@eu-logos.org le 14/06/2010

A plusieurs reprises et depuis plusieurs mois, Nea Say a signalé la possibilité de voir cette taxe être introduite. Une version en ligne de Times précise la menace comme imminente. Cet été, une taxe de 10 dollars pour les touristes se rendant sur le territoire américain dans le cadre du programme d’exemption des visas (Visa Waiver Program – VWP). Cette taxe devrait être introduite dans les prochains mois ; rappelons que la loi a été signée en mars et devrait être mise en œuvre dans les six mois. Le président Barack Obama a signé début mars une proposition de loi , « tavel Promotion Act », http://voices.washingtonpost.com/44/2010/03/obama-signs-travel-promotion-a.html

qui prévoit le paiement d’une taxe de 10 dollars pour entrer aux Etats-Unis afin de financer la promotion touristique du pays, une taxe supplémentaire de 5 dollars pourrait s’ajouter pour couvrir les coûts administratifs du programme.

Traditionnellement la Commission proteste vigoureusement et menace de prendre des mesures de représailles contre ce qu’elle considère comme une réintroduction déguisée des visas. Elle juge contre-productive toute idée de créer une telle taxe qui devrait être payée par les voyageurs ayant la nationalité des pays membres du VWP auquel participent une cinquantaine de pays et 23pays de l’UE. Cette taxe sera collectée au travers de l’ESTA, Electronique System for Travel Authorisation. https://esta.cbp.dhs.gov/esta/esta.html?_flowExecutionKey=_c1761C683-BEB8-B57B-B6ED-D538EEC375CA_k70A9A2C2-135B-86F4-849F-DB36BD673697

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Arrêt de la Cour de Justice de l’Union européenne concernant la protection des données : nécessité de l’indépendance des autorités de protection des données à caractère personnel.

Publié par info@eu-logos.org le 28/05/2010

Le 9 mars 2010, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a jugé que les autorités de protection des données des Länder allemands qui contrôlent les fichiers du secteur privé n’agissaient pas en pleine indépendance, contrairement aux exigences de la Directive européenne de 1995 sur la protection des données. Lire la suite »

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La vie privée …..jusqu’au dernier octet ! Les moteurs de recherche inquiètent les contrôleurs européens des données (cf autre article consacré à View Street) .

Publié par info@eu-logos.org le 27/05/2010

Les trois géants américains de l’Internet, Google, Yahoo! et Microsoft, ont chacun reçu un courrier en date du mercredi 26 mai, de la part du G29, le “club” des Commissions nationales de l’informatique et des libertés (CNIL) européennes, leur demandant d’améliorer la protection des données personnelles des utilisateurs de leurs moteurs de recherche. Lire la suite »

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Amnesty international : le rapport. Pour une justice mondiale.

Publié par info@eu-logos.org le 27/05/2010

Dans son rapport annuel , rendu public le 27 mai, Amnesty International insiste sur l’importance de la justice internationale dans le monde d’aujourd’hui, en dénonçant l’impunité dont jouiraient des tortionnaires dans encore 61 pays. L’organisation qui traite des atteintes aux droits humains dans 159 pays en a retenu cent onze dans lesquels en 2009 des personnes ont été torturées ou ont subi d’autres mauvais traitements. C’est un pavé de 400 pages qui répertorie, Etat par Etat, les atteintes aux droits humains dans le monde: le rapport annuel d’Amnesty est exhaustif et précis. En détaillant la situation dans 159 pays (dont la France), l’ONG entend montrer qu’aucun gouvernement n’est exempt de reproches lorsqu’il s’agit de faire respecter les règles fondamentales. Pour tenter de réduire cette faille qui condamne «des millions de personnes à subir des violations» de leurs droits les plus fondamentaux, Amnesty International en appelle à la responsabilité des États du G20 qui devraient montrer l’exemple en adhérant au statut de Rome de la Cour pénale internationale. Sept d’entre eux, dont les Etats-Unis et la Chine, ne l’ont pas encore fait. Une telle adhésion permettrait de poursuivre les crimes qui vont à l’encontre des droits humains dans le monde entier.
Le mandat d’arrêt délivré par la CPI en 2009 contre le président soudanais Omar el-Béchir, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, a montré pour la première fois que même un chef d’Etat en exercice n’est pas au-dessus des lois. L’année 2009 a pu ainsi être présentée comme importante pour la justice internationale. Celle-ci «donne aux victimes un droit à la vérité», explique Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France, «mais c’est aussi une lutte contre l’impunité». En vedette, la Conférence de la révision du Statut de Rome qui s’est ouverte à Kampala le 21 mai et qui sera l’occasion pour les États de manifester leurs engagements envers la Cour. «Aussi longtemps que les gouvernements subordonneront la justice à leurs intérêts politiques, la plus grande partie de l’humanité ne pourra vivre libérée de la terreur et de la misère», souligne le secrétaire général d’Amnesty International par intérim, Claudio Cordone. La Chine une fois de plus citée à de nombreuses reprises dans le rapport d’Amnesty International.
Si on a identifié des actes de torture dans 111 pays et aussi la violence des fonctionnaires de police français, l’ONG évoque également des progrès encourageants depuis l’élection de Barack Obama comme la fin des prisons secrètes de la CIA et une plus grande transparence quant aux interrogatoires forcés, même si la guerre contre le terrorisme n’a pas encore livré toutes ses zones d’ombre. La France n’est pas oubliée : violence policière, “La France ne doit pas devenir une terre d’impunité” (cf infra), la loi contre le port de la Burqa. Le talon d’Achille de la progression des droits humains se situe avant tout dans la disparité des engagements des Etats vis-à-vis du droit international. ” 7 Etats du G20 n’ont pas ratifié le Traité de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale!” rappelle Garrigos et il appelle le G20 à l’aide dans la lutte contre la torture. Francis Perrin, vice-président d’AIF, complète: “La France n’est pas en conformité avec les engagements de Rome, elle n’a pas encore adapté sa législation pour exercer la compétence universelle. Le projet à l’étude est très mauvais et nous appelons les députés à ne pas le voter en l’état”. Le texte qu’il évoque dénaturerait en effet l’esprit de la CPI. Il établit des conditions pour poursuivre un responsable étranger présumé de crime de guerre ou de crime contre l’humanité. Parmi elles, le fait de résider en France implique qu’il ne sera plus possible d’arrêter un suspect “de passage” à Paris. Autre condition: la reconnaissance du crime par la loi du pays où il a été commis. “Ce projet de loi est un camouflet pour la justice pénale internationale. S’il est adopté, la France deviendrait une terre d’impunité” résume Garrigos. L’enjeu est important: la conférence de Kampala (Ouganda) qui débute dans quelques jours fera le bilan des premières années de fonctionnement de la Cour Pénale Internationale. La présidente d’Amnesty conclut: ” La France devrait montrer l’exemple. Trop souvent encore, la politique prend le pas sur la justice”. (cf. autre article consacré à ce même sujet par le Parlement européen).
Amnesty s’oppose à une loi sur le voile intégral : l’ONG se montre plutôt hostile au projet de loi visant à interdire le voile intégral. “Il n’y a pas de justification sérieuse, réelle, à une interdiction totale et la France s’expose à des condamnations” précise Francis Perrin. La présidente d’AIF, Geneviève Garrigos complète: “le droit international est très clair sur la liberté d’expression et de religion. En Afghanistan, nous prônons la liberté de choix. Cette liberté doit s’appliquer aussi en France”.
Rapport 2010. Le BILAN http://thereport.amnesty.org/fr

Bien que 2009 ait été une année importante pour la justice internationale, il existe dans la justice au niveau mondial une faille qui ne fait que s’aggraver sous l’effet de la politique de puissance menée par les États, a déclaré Amnesty International ce jeudi 27 mai 2010 dans son bilan annuel de la situation des droits humains dans le monde.
La situation des droits humains dans le monde, qui traite des atteintes aux droits humains commises dans 159 pays, l’organisation a indiqué que des gouvernements puissants bloquaient les avancées en matière de justice internationale en se plaçant au-dessus du droit relatif aux droits humains, en protégeant leurs alliés contre la critique et en n’agissant que lorsqu’ils en tirent un intérêt politique.
« La faille de la justice mondiale permet à la répression et à l’injustice de prospérer, condamnant des millions de personnes à voir leurs droits fondamentaux bafoués, à subir l’oppression ou à vivre dans la pauvreté, a déclaré le secrétaire général d’Amnesty International par intérim, Claudio Cordone.
« Les États doivent veiller à ce que personne ne se place au-dessus des lois et à ce que tout le monde ait accès à la justice, pour toutes les violations des droits humains. Aussi longtemps que les gouvernements subordonneront la justice à leurs intérêts politiques, la plus grande partie de l’humanité ne pourra vivre libérée de la terreur et de la misère. »
Amnesty International a demandé aux gouvernements de rendre compte de leurs propres actions, d’adhérer pleinement à la Cour pénale internationale (CPI) et de faire en sorte que les crimes de droit international puissent donner lieu à des poursuites dans le monde entier. Les États qui prétendent à un rôle déterminant au plan mondial, en particulier les pays du G20, ont une responsabilité spécifique et doivent donner l’exemple, a souligné l’organisation.
La délivrance par la Cour pénale internationale d’un mandat d’arrêt contre le président soudanais Omar el Béchir, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, a marqué l’année 2009 d’une pierre blanche et montré que même les chefs d’État en exercice n’étaient pas au-dessus des lois. Mais la résistance de l’Union africaine à toute coopération, en dépit du cauchemar que vivent des centaines de milliers de personnes frappées par la violence au Darfour, illustre de manière brutale le refus de certains gouvernements de faire passer la justice avant la politique.

La paralysie du Conseil des droits de l’homme de l’ONU sur la question du Sri Lanka, alors que des atteintes graves aux droits humains, constituant peut-être des crimes de guerre, étaient commises à la fois par l’armée régulière et par les Tigres libérateurs de l’Eelam tamoul (LTTE), est venue elle aussi témoigner de l’incapacité de la communauté internationale à agir lorsque cela était nécessaire. Et pendant ce temps, ni Israël ni le Hamas n’ont encore donné suite aux conclusions du rapport Goldstone (Conseil des droits de l’homme) demandant que les auteurs des atteintes aux droits humains commises lors du conflit à Gaza soient amenés à rendre compte de leurs actes.
La faille de la justice a rendu possible dans le monde entier une funeste répression. Amnesty International a recensé des cas de torture ou d’autres mauvais traitements dans 111 pays, des procès inéquitables dans 55 pays, des restrictions à la liberté d’expression dans 96 pays et la présence de prisonniers d’opinion dans 48 pays ; de telles violations se produisent peut-être dans un plus grand nombre d’États encore.
Dans de nombreux pays, des organisations et des militants qui s’occupent de la défense des droits humains ont été pris pour cibles ; leurs activités ont été entravées par les pouvoirs publics, qui manquaient également à leur devoir de protection.
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les autorités de l’Arabie saoudite, de la Syrie et de la Tunisie n’acceptaient pas la critique, et la répression s’est accrue en Iran. En Asie, le gouvernement chinois a accru les pressions sur ceux qui remettaient en cause son autorité, arrêtant et persécutant les défenseurs des droits humains ; en Corée du Nord et au Myanmar, des milliers de personnes ont fui une répression sévère et une situation économique désastreuse.
Dans certains pays d’Europe et d’Asie centrale, l’espace accordé aux voix indépendantes et à la société civile s’est resserré ; la liberté d’expression a été injustement restreinte en Russie, en Turquie, au Turkménistan, en Azerbaïdjan, au Bélarus et en Ouzbékistan. Des centaines d’homicides illégaux commis par les forces de sécurité ont été recensés dans les Amériques, en particulier au Brésil, à la Jamaïque, en Colombie et au Mexique ; aux États-Unis, l’impunité pour les violations perpétrées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme persistait. Certains États africains, par exemple la Guinée et Madagascar, ont répondu à la dissidence en usant d’une force excessive et en commettant des homicides illégaux, tandis que l’Éthiopie et l’Ouganda, entre autres, réprimaient la critique.
Les conflits ont été marqués par un mépris cynique pour la vie des civils. En République démocratique du Congo, au Sri Lanka et au Yémen, les groupes armés et les forces régulières ont violé le droit international. Les forces israéliennes et les groupes armés palestiniens ont blessé et tué illégalement des civils dans le cadre du conflit qui s’est déroulé dans le sud d’Israël et à Gaza. Des milliers de civils ont été touchés par l’intensification des violences commises par les talibans en Afghanistan et au Pakistan, et ce sont les populations civiles aussi qui payaient le plus lourd tribut aux conflits en cours en Irak et en Somalie. Dans la plupart des crises de la planète, des femmes, des jeunes filles et des fillettes ont subi des viols et d’autres violences commises par des membres des forces gouvernementales et des groupes armés.

D’autres phénomènes ont marqué l’année 2009.

•Des expulsions forcées et collectives ont été menées en Afrique, par exemple en Angola, au Ghana, au Kenya et au Nigeria, et les personnes chassées de chez elles se sont bien souvent enfoncées plus profondément encore dans la misère.
•Davantage de cas de violences domestiques contre les femmes, de viols, de sévices sexuels, de meurtres et de mutilations après un viol ont été signalés au Mexique, au Guatemala, au Salvador, au Honduras et à la Jamaïque.
•Dans les pays de la région Asie-Pacifique, notamment en Corée du Sud, au Japon et en Malaisie, des millions de migrants ont été victimes d’exploitation, de violences et d’abus.
•Une forte augmentation du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance a été constatée en Europe et en Asie centrale.
•Dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, des attaques menées par des groupes armés – dont certains étaient apparemment liés à Al Qaïda – dans des pays comme l’Irak et le Yémen ont accru l’insécurité.
Au plan mondial, alors que les crises alimentaire, énergétique et financière ont eu pour effet de faire basculer dans la misère des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, les événements ont montré le besoin urgent de faire cesser les atteintes aux droits humains qui plongent les personnes dans la pauvreté.

« Les gouvernements doivent être amenés à rendre des comptes pour les violations des droits humains qui génèrent et aggravent la pauvreté, a déclaré Claudio Cordone. La réunion d’examen des Objectifs du millénaire pour le développement qui doit se dérouler à New York (États-Unis) en septembre prochain offre aux chefs d’État l’occasion de passer des promesses aux engagements juridiquement contraignants ».

Les femmes, en particulier les femmes pauvres, ont été les plus durement touchées par l’incapacité des gouvernements à faire de ces Objectifs une réalité. On estime que 350 000 sont mortes à travers le monde de complications liées à la grossesse, la mortalité maternelle étant souvent le résultat direct de la discrimination liée au genre, de violations des droits sexuels et reproductifs et de la privation de l’accès aux soins.

« Pour progresser dans la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement, a poursuivi Claudio Cordone, les gouvernements doivent promouvoir l’égalité entre hommes et femmes et prendre des mesures pour faire cesser la discrimination à l’égard des femmes. »

Amnesty International a par ailleurs appelé les États du G20 qui n’ont pas encore adhéré au Statut de Rome de la Cour pénale internationale – les États-Unis, la Chine, la Russie, la Turquie, l’Inde, l’Indonésie et l’Arabie saoudite – à le faire. La Conférence de révision du Statut de Rome qui s’ouvre à Kampala le 31 mai est l’occasion pour les États de montrer leurs engagements envers la Cour.
Malgré les manquements graves constatés l’an dernier, les signes de progrès en matière de justice ont été nombreux. En Amérique latine, des enquêtes ont été relancées sur des crimes dont les auteurs étaient protégés par des lois d’amnistie, et des jugements historiques ont été rendus contre d’anciens dirigeants. L’ex-président du Pérou, Alberto Fujimori, a ainsi été condamné pour crimes contre l’humanité, tandis que le dernier président militaire de l’Argentine, Reynaldo Bignone, était déclaré coupable d’enlèvement et de torture. À l’exception du procès de l’ancien président du Liberia, Charles Taylor, toutes les procédures entamées devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone ont été menées à leur terme.
« Nous avons besoin d’une justice mondiale : tel est l’un des messages forts qui se dégagent de l’année écoulée, a affirmé Claudio Cordone. La justice donne équité et vérité à celles et ceux qui sont victimes de violations, elle prévient les atteintes aux droits humains et construit, à terme, un monde plus sûr et plus stable. »

Publié dans COOPERATION JUDICIAIRE PENALE, Lutte contre la criminalité, Uncategorized | Laisser un Commentaire »

 
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